Le Réseau Québec maritime (RQM) a réalisé une deuxième mission océanographique hivernale sur le Saint-Laurent dans le cadre de son programme de recherche Odyssée Saint-Laurent. À bord du brise-glace de la Garde côtière canadienne Amundsen, près d’une trentaine de scientifiques et étudiant(e)s ont pris part à une expédition visant à acquérir des connaissances de pointe sur le fonctionnement de l’écosystème du Saint-Laurent en hiver.

Cette mission sur le brise-glace de recherche canadien s’inscrit dans le cadre du chantier « Découverte » du programme de recherche Odyssée Saint-Laurent. Elle fait suite à un partenariat stratégique entre le RQM, Amundsen Science et la Garde côtière canadienne. Il s’agit d’une deuxième mission à se dérouler dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent à bord du NGCC Amundsen dans des conditions hivernales lorsque le temps le permettait entre les opérations d’escorte et de déglaçage de la Garde côtière qui sont demeurées la priorité tout au long de la mission.

(Photo : Elie Dumas-Lefebvre)(Photo : Elie Dumas-Lefebvre)La mission à bord du brise-glace Amundsen s’est déroulée du 1er au 15 février dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent. Lorsque le temps le permettait entre les opérations de la Garde côtière, les scientifiques et les étudiant(e)s ont profité de l’occasion pour procéder à l’échantillonnage de sédiments, de plancton, de plaques de glace chargées de sédiments et d’eau à différentes profondeurs pour déterminer les propriétés physico-chimiques de la colonne d’eau. De plus, à l’aide d’un drone, les images obtenues permettront de mieux comprendre les mécanismes d’empilement de la glace de mer qui posent bien souvent problème à la navigation maritime en hiver dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

« Ces différents échantillonnages, nous ont permis, par exemple, de prélever différentes plaques de glace chargées en sédiments afin de mieux comprendre le rôle de la banquise dans la dynamique sédimentaire et l’érosion côtière dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent », explique le chef de mission Jean Carlos Montero Serrano, professeur à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski (ISMER) de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Déploiement de caméras vidéo sous-marines appâtées. (Photo : Safouane Khamassi)Déploiement de caméras vidéo sous-marines appâtées. (Photo : Safouane Khamassi)De plus, le couvert de glace dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent complexifie le recensement des poissons à haute valeur commerciale en hiver. Un premier essai de l’utilisation de caméras vidéo sous-marines appâtées a été réalisé lors de la mission par Safouane Khamassi, étudiant à l’UQAR-ISMER, dirigé par les chercheurs Marie-Julie Roux de Pêches et Océans Canada à l’Institut Maurice Lamontagne et Dominique Robert de l’UQAR-ISMER. Cette méthode minimise les impacts de la collecte de données scientifiques sur le milieu marin et permet de caractériser les habitats et la structure de la faune marine pour combler des trous de données dans les fonds peu explorés et/ou recouverts de glace. Les images produites permettent non seulement d’admirer la faune marine dans son état naturel, mais aussi de quantifier les abondances, la diversité et les structures de tailles de façon non extractive et efficace.

Les crabes, les homards et les poissons sont attirés par l'appât.Les crabes, les homards et les poissons sont attirés par l'appât.« Cette mission était le point de rencontre de 13 projets de recherche issus de sept universités et instituts différents. Il y avait à bord près d’une trentaine de chercheur(e)s, étudiant(e)s, technicien(e)s, journaliste scientifique, cinéaste, qui ont travaillé dans le froid durant deux semaines afin d’acquérir des données sur les conditions hivernales du fleuve.» indique la cocheffe de mission Marie-Pier St-Onge du RQM.

Des scientifiques de plusieurs universités et institutions bénéficieront aussi des données et échantillons recueillis à bord de l’Amundsen. Ainsi, des chercheuses et des chercheurs de l’Université Laval, de l’Université de Montréal, l’Université McGill, l’Université de Sherbrooke, de l’UQAR-ISMER et de l’Institut Maurice-Lamontagne effectuent des travaux de recherche afin de bien comprendre les différents processus hivernaux dans le système Saint-Laurent. Nouveauté cette année, à travers le travail de gens passionnés que formait l’équipage hétéroclite rassemblé pour la mission Odyssée Saint-Laurent, un cinéaste, Félix Lamarche, réalisera un court métrage qui amènera le public à voir le fleuve sous un angle nouveau.

Odyssée Saint-Laurent

Odyssée Saint-Laurent est un ambitieux programme de recherche du Réseau Québec maritime. Bénéficiant d’un financement de 15 M$ du ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Odyssée Saint-Laurent est articulé autour de trois chantiers, soit « Découverte », « Applications » et « Innovation ouverte ». Le programme de recherche vise l’acquisition de connaissances sur les écosystèmes du Saint-Laurent, la biodiversité et les facteurs de stress environnementaux du système Saint-Laurent, la conception d’outils, de technologies et de pratiques intersectorielles pour un développement maritime durable. « L’un des volets importants est l’acquisition de connaissances hivernales et interannuelles », souligne le directeur du RQM Guillaume St-Onge.

Lancé en mai 2016, le Réseau Québec maritime rassemble plus de 160 établissements membres, dont l’ensemble des universités du Québec, des collèges et des centres collégiaux de transfert technologique, des centres de recherche, des organisations gouvernementales et parapubliques, des organisations communautaires et des industries œuvrant dans le domaine maritime. Rattaché à l’UQAR qui en est l’organisme gestionnaire, le RQM a pour mandat de faire du Québec un leader mondial sur le plan du développement maritime durable. Le ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec et les Fonds de recherche du Québec sont partenaires financiers du RQM.